
Dans la montagne
retentit un cri strident qui met en alerte tout ce qui vit aux
alentours. Une fois de plus, la marmotte sentinelle vigilante,
est la première à signaler le danger.
Des
animaux fouisseurs
Les
marmottes creusent des terriers avec leurs pattes antérieures munies
d'ongles longs et durs, en rejetant la terre de chaque coté du
corps. Leurs pattes postérieures repoussent les déblaies hors du
trou. Creuser est une activité essentielle chez la marmotte.
Le
terrier, un refuge sûr
La
galerie principale mesure de 3 à 10 m de long. Elle est peu profonde
et son diamètre est d'environ 15 cm. Son entrée est souvent située
sous une grosse pierre, et se repère grâce à la présence d'un déblai
caillouteux.
Situés entre 1200
et 2500 m et même plus haut, les terriers sont de 3 sortes:
-
terriers d'été (
abritant la portée de l'année)
-
terriers d'hiver
( lieu d'hibernation )
-
terriers de
fuite ou faux terriers ( refuges creusés d'avance pour un fuite
impromptue en cas de danger imminent)
une
habitation aux usages multiples
Dans
le réseau de galeries de cet habitat souterrain, les marmottes
se dirigent à l'aide de leurs longues moustaches: les vibrisses
... Retraite pour le sommeil, le terrier est aussi le lieu de reproduction
et de mise bas. La marmotte passe plus de la moitié de sa vie dans
son terrier.
La
vie en colonie

Les
marmottes vivent en famille. Elles se reconnaissent à leur odeur
selon un rite toujours respecté qui consiste à renifler au niveau
de joues. Des glandes sécrètent un liquide odorant qui permet à chaque
animal de se reconnaître, de délimiter son espace de vie et de
sauvegarder ainsi l'unité de la communauté.

Chaque
groupe familial possède son territoire, dans lequel se trouvent
des pistes, des postes de guet, des terriers et de la nourriture.
Plusieurs familles voisines forment une colonie.
Se sentir , se reconnaître , crier , jouer , se prévenir du danger , fuir
défendre les limites de son territoire, manger et aussi se " soleiller" ,
sont des actes de la vie les plus souvent observés dans une colonie de marmottes.
Des
ennemis redoutés

Un
seul cri puissant et toutes les marmottes se précipitent
dans leur terriers. Ce cri unique signale la présence de l'aigle
royal.
Grâce à des cris réguliers, les marmottes se préviennent entre elles de la
présence d'un intrus ( renard, chien, homme ). Ils se poursuivent aussi longtemps
que l'intrus est présent sur leur territoire.

La
saison des amours
Mâles
et femelles atteignent leur maturité sexuelle dans la deuxième
ou troisième année. Les accouplements ont lieu fin avril et début
mai. Après 34 jours de gestation, 2,3,4 marmottons naissent sans
poil, yeux clos, pesant à peine 30 gr.
L'hibernation
pour 6 mois
Dès l'automne ,
la durée du sommeil s'allonge , l'activité se réduit au ramassage
d'herbes sèches qui sert à tapisser le fond du terrier d'hiver.
Les unes après les autres, les marmottes s'endorment serrées
en boule les unes contre les autres, la tête logée entre les pattes
postérieures. L'entrée de terrier est bouchée avec de la
terre et de l'herbe. Début octobre, un long sommeil hivernal (
6 mois) provoque de profonds changements physiologiques. La température
du corps s'abaisse jusqu'à 4°C, la respiration et les battements du
cœur se ralentissent aussi considérablement.
La vie est maintenue grâce à l'accumulation de réserves de graisse. De courts
réveils permettent aux marmottes d'uriner. A la fin de l'hibernation, elles
ont perdu la moitié de leur poids.
Une
règle de vie : grossir en 6 mois

Le
réveil de ces mammifères herbivores coïncide avec la repousse de
la végétation dès avril au début du printemps. Elles rongent ,
broutent , grâce à leur puissante dentition ( 4 longues incisives,
18 prémolaires et molaires broyeuses ) . A la fin de l'été , les
marmottes adultes pèsent 5 à 6 kg et parfois plus. Elles ont doublé de
poids en quelques mois. De quoi affronter un nouvel hiver.